VILLES NUMERIQUES

LA LETTRE du RVN

 

Nouvelle série, 10 ,  mai - juin 2003

Version française

 

Paris, capitale numérique ?

 

La formule de Christian Sautter devrait devenir réalité au cours de la présente décennie si précisément les principaux acteurs entendent plutôt la voix d’une nécessaire synergie que celle d’un jeu égoïste. Tel est au fond la philosophie du programme Paris Technopole qui entend favoriser le développement de nouvelles entreprises en ce domaine : ce programme, déployé avec l'appui de l'agence Paris Développement, prend en compte trois domaines d'activité : les technologies du numérique, les biotechnologies et le secteur de la création et de la mode.

Pour chaque domaine d'activité, une zone géographique de prédilection a été établie dans une volonté de rééquilibrage économique. Les initiatives concernant la création et la mode sont localisées dans le centre de Paris, celles sur les biotechnologies dans le Sud et l'Est, et celle sur les NTIC dans le Nord et l'Est, le quartier numérique par excellence se retrouvant néanmoins également à la hauteur du Sentier, de la Bourse et de la rue d’Uzès.

L’un des objectifs est avant tout de mettre en place un cadre d'expérimentation grandeur réelle : les entreprises devront pouvoir y tester de nouvelles applications et de nouvelles offres en relation avec les populations, les gestionnaires d'équipements et les services urbains. Le RVN milite clairement en vue de la création d’un tel quartier technologique urbain.

 

Les moyens concrets mis en oeuvre pour aider les entreprises innovantes sont actuellement représentés par neuf pépinières ou incubateurs qui disposent d'un parc immobilier de plus de 14 000 m2 et peuvent accueillir jusqu'à 164 entreprises. En matière de technologies de l’information, on sait que Paris dispose notamment de la pépinière Paris Cyber Village implantée dans le 19ème arrondissement et qui compte 25 entreprises centrées sur l'Internet, les télécoms et le multimédia, mais également de l'incubateur Télécom Paris Entrepreneurs, développé en partenariat avec l'ENST (la Ville a apporté 456 000 euros à ce projet qui devrait incuber 55 projets télécoms d'ici 2005). L'incubateur République Innovation dispose quant à lui d'une surface de 1 700 m2 pour une capacité d'accueil de 25 entreprises : cet incubateur est centré sur le secteur de la création et du design, mais aussi dans le domaine des prestations technologiques.

 

Aux côtés des initiatives économiques, le projet « Paris ville numérique » comprend notamment le développement des accès haut débit pour les écoles situées en ZEP et la mise en place d’espaces multimédia. Un tiers des foyers parisiens dispose aujourd'hui d'un accès Internet et, parmi eux, la moitié est en haut débit. Une réflexion sur de nouveaux usages en matière de tourisme s’avère également indispensable dans ce domaine.

Les chiffres sont clairs : plus de 110 000 emplois dépendent de l'innovation dans la capitale. Cela représente, on l’a souvent rappelé, 7 % des emplois dédiés à la recherche au plan de l'Union européenne. On sait que Paris intra-muros génère par ailleurs 10 % des ressources économiques françaises liées à l'innovation. Mais beaucoup reste à faire en matière de bonnes pratiques, d’horizon européen et d’accompagnement des acteurs : le RVN s’efforce là encore, dans la mesure de ses possibilités, d’être présent à ce niveau.

 

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